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Toute personne est amenée un jour ou l’autre dans sa vie à rencontrer toutes sortes d’embûches et d’obstacles. Cela peut commencer très jeune par ailleurs. Quoi qu’il en soit la souffrance, le doute, la peur, la maladie ou encore la mort ne se préoccupent généralement pas de savoir notre âge. De fait, exister en tant qu’être humain implique de devoir affronter tout un ensemble de tensions et conflits psychiques qui sont le plus souvent liés à nos pulsions internes mais aussi à notre environnement. Il y a quelque chose qui se passe au fond de nous mêmes, dans notre inconscient, qui a besoin à la fois de sortir de l’ombre et d’être entendu. Seul ce travail sur soi-même est susceptible de nous faire comprendre qui nous sommes et de prendre connaissance des raisons de notre mal être. La psychanalyse reflète ce travail d’introspection qui demeure indispensable pour celui qui souhaite dépasser sa douleur intérieure, ses peurs, ses blocages et progresser sur la voie de l’accomplissement de soi.

ep-93-jesse-1024Dévoiler les processus inconscients, tel est la tâche du psychanalyste. Car avec la psychanalyse, il en va de l’inconscient comme territoire inconnu où vit pulsions, désirs, traumatismes, archétypes, symboles, et autres refoulés (évènements, souvenirs, gestes, paroles, etc.). Le génie de Freud est surtout d’avoir découvert le rôle de l’inconscient dans la construction psycho-sociale de la personne. Entendons-nous bien, le « moi n’est pas maître dans sa maison » disait Freud. Ceci traduit l’idée qu’il existe en quelque sorte une part d’ombre dans l’activité psychique de l’homme qui lui échappe quotidiennement et qui influence ses faits et gestes. L’inconscient agit en nous et ce malgré nous. Le but de toute psychanalyse consiste pour l’essentiel à faire vibrer son inconscient, à tenter de saisir ce qu’il contient. Pour cela, le rôle du psychanalyste est primordial car il demeure celui qui rend possible la relation transférentielle, c’est-à-dire la manière dont deux inconscients communiquent, vibrent ensemble afin de pouvoir faire jaillir un contenu profond et vital au sujet de l’analysant. Traditionnellement, cette relation se situe dans un cadre clinique spécifique bien connu et relayé par l’imagerie populaire où l’analyste garde une certaine distance avec l’analysant en refusant le face à face et et en utilisant le silence comme moyen de capter l’inconscient. Dans ma propre pratique, je préfère adopter une approche empathique à la manière de la psychologie humaniste de Carl Rogers où le face à face apparaît comme le meilleur moyen d’établir une relation de confiance entre l’analyste et l’analysant.

La psychologie des profondeurs de Carl Gustav Jung

Swiss psychiatrist Dr_ Carl Jung relaxing in an easy chair in his library at home in Knusnacht, Switzerland, 1949Le rôle de Jung dans l’histoire de la psychanalyse est capital surtout dans la découverte de certains concepts clefs comme le processus d’individuation, le Soi, la synchronicité, l’inconscient collectif, la persona (le masque social), la part d’ombre, l’animus (part masculine de la femme), l’anima (part féminine de l’homme), le fripon divin (part enfantine en chaque individu). L’ensemble de ces concepts révèlent une approche de la psyché humaine très différente de celle de Freud dans la mesure où Jung conçoit l’être humain comme un homo symbolicus ou homo reliogiosus, c’est-à-dire un être incomplet à la naissance qui doit à la manière de Pascal parier sur l’existence des dieux et des mythes pour pouvoir accéder à une totalité psychique. En somme, il s’agit de faire appel à l’imaginaire ambiant pour mieux comprendre sa propre présence au monde. 

La mythanalyse, approche complémentaire à la démarche analytique

GD-2L’éminent théoricien de l’imaginaire Gilbert Durand nous a rendu attentif au fait que toute société abrite des mythes et des dieux qui influent sur le destin des hommes. La mythanalyse conçue par Gilbert Durand permet de situer les mythes constitutifs d’un environnement donné. Si l’on croise cette méthode avec la psychanalyse jungienne qui se centre davantage sur le décryptage des mythes et des archétypes habitant dans l’inconscient individuel, il devient alors plus aisé de situer l’interaction existante entre l’analysant et son milieu, entre son désir et l’esprit du temps. Le philosophe Épictète insistait sur le fait que « ce qui trouble les hommes, ce ne sont pas les choses mais les jugements qu’ils portent sur ces choses ». Autrement dit, nos troubles psychiques sont bien souvent des troubles de la représentation. La mythanalyse est une méthode qui permet de repérer les figures imaginaires pouvant abolir les représentations négatives que l’on a intégré inconsciemment et que l’on répète malgré soi.